EDITORIAL: CONSEQUENCES
Cher lecteurs,
Les remarques et indications qui suivent, sont principalement destinées à ceux qui n'ont pas suivi dès le début notre engagement en faveur de la Vraie Foi; ceux qui ont, au fil des ans, fini par percevoir quelle est la portée réelle des "réformes" qui se sont accélérées après Vatican II.
La résistance aux mutations et aux transmutateurs s'est d'abord cristallisée contre la prétendue "nouvelle messe" promulguée par Montini dans son Novus Ordo Missae. Elle se heurte à des objections de deux ordres:
a) Elle déplaît pour des raisons traditionnelles, liturgiques, historiques, esthétiques, sans toutefois que l'on mette en cause sa validité. b) Le N.O.M. est jugé invalide.
Dans le premier cas l'orthodoxie exige que l'on obéisse aux exigences de l'autorité légitime, bien que l'on soit blessé dans ses sentiments: en effet on estime que Paul VI et ses successeurs possèdent effectivement les clefs de Saint Pierre; le pape a la haute main sur la liturgie. Si sa décision est mauvaise, c'est lui qui porte la responsabilité de ses effets délétères. C'est pourquoi il faut obéir. Sinon on choisit délibérément le schisme. Dans le second cas l'obéissance est inconcevable. Ce qui est donné comme obligatoire s'oppose à la doctrine révélée et fidèlement transmise. Mais il y a plus: l'autorité se révèle hérétique et donc usurpée. Le promulgateur est ipso facto démis de ses fonctions. Car l'autorité attribuée à son ministère n'est pas destinée à anéantir la Foi: au contraire cette autorité lui a été conférée pour protéger la révélation et la communiquer aux fidèles. La réalité présente de ce cas (b), est démontrée par des arguments théologiques sans faille.Il en résulte qu'une fois que l'on a compris que l'Eucharistie proposée par le N.O.M. EST invalide on doit s'en tenir exclusivement à la Messe de la Tradition Catholique. On ne doit y participer que, là où elle est célébrée pour ce motif.
Au début, seules quelques conséquences sont apparues. Il était plutôt difficile de concevoir que la "messe" montinienne est invalide. Il était également plus commode de fermer les yeux devant la logique immanente en cette réalité. Beaucoup s'arrangèrent pour ne pas la voir, épouvantés qu'ils étaient par la perspective de désagréments sociaux ou professionnels que déclencherait leur réaction. Il y en eut d'autres qui sabotèrent consciemment la résistance en évoluant délibérément dans l'absurde, par ex. les meneurs qui gravitent autour de "Mgr" Lefèbvre. Celui-ci n'a pas le droit d'utiliser le rite romain, canonisé par Saint Pie V, contre la volonté expresse de son pape, puisque lui-même affirme que le prétendu N.O.M. est valide per se et que ceux qui l'imposent sont l'autorité compétente (ce qu'il proclame en expulsant de sa Pia Unio tous les membres qui disent le contraire). Il désobéit cependant, faisant ainsi le lit des rébellions schismatiques. Il pratique, contre la loi de son église, un sacrement qui appartient à l'Eglise catholique qu'il a quittée, puisqu'il reconnaît formellement comme papes authentiques des hérétiques manifestes tels que Montini, Luciani, et K.W. -
De cette constatation ilrésulte de nouveau que l'on ne peut sans pécher participer à ce schisme parmi les hérétiques. On ne peut recevoir les sacrements (y compris l'Eucharistie) de ministres de la secte lefebvriste, sauf in extremis.
On ne peut que souhaiter, pour le salut de leur âme, que les catholiques tiennent compte de cette conséquence, et que les prêtres fidèles veuillent les éclairer à ce sujet, car la maxime "Rien que la vraie Messe" ne résout pas le problème qui nous est posé. Il y a, en effet une kyrielle de fidèles, maintenant échappés d'Ecône, qui n'ont pas conscience de ces conséquences, ou qui ne les ont pas envisagées.
Selon le point de vue explicité ici, il est facile d'en déduire que nous, catholiques allemands, dans l'état actuel de la législation, nous ne pouvons plus accepter comme par le passé de payer le denier du culte que le fisc prélève sur nos revenus, pour le compte de la Contre-église, dite "conciliaire". On peut tourner la question dans tous les sens: il n'est permis à aucun catholique de soutenir financièrement des organisations ou des activités hérétiques. Ergo: il faut quitter "l'union des contribuables de 1'Eglise"(prétendument catholique) "romaine." Ceci ne signifie en aucune façon que l'on rompt avec la seule Eglise fondée par N.S. J.C. - Si d'autres indications s'avèrent utiles, je me ferais un plaisir et un devoir de vous les signaler.
Signé: Eberhard Heller.
Munich, le 13 Avril 1984, en la fête des 7 douleurs de la B.V. Marie. |