51. Jahrgang Nr. 3 / Mai 2021
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Ausgabe Nr. 5 Monat Juni 2004
Eberhard Heller: Besuch aus Mexiko


Ausgabe Nr. 3 Monat April 2005
Nachruf auf P. Adler/Nachrichten


Ausgabe Nr. 9 Monat November 2004
Vier neue mexikanische Priester


Ausgabe Nr. 3 Monat April 2004
L’ERREUR FONDAMENTALE DE VATICAN II


Ausgabe Nr. 4 Monat April 2003
Surrexit Christus, spes mea


Ausgabe Nr. 4 Monat April 2003
La silla apostólica ocupada


Ausgabe Nr. 8 Monat October 2003
L’Eglise Catholique-Romaine de la diaspora


Ausgabe Nr. 8 Monat October 2003
A propos de la situation actuelle de l’Eglise (fr.)


Ausgabe Nr. 11 Monat December 2003
The Apostolic See Occupied


Ausgabe Nr. 1 Monat März 2002
Christus ist auferstanden und dem Simon erschienen


Ausgabe Nr. 2 Monat Mars 2002
Le Seigneur est ressuscité et il est apparu à Simon (fr/eng/spa)


Ausgabe Nr. 5 Monat September 2002
Der Apostolische Stuhl


Ausgabe Nr. 6 Monat November 2002
Offener Brief an H.H. Prof. Dr. August Groß und Abbé Seraphim


Ausgabe Nr. 8 Monat December 2002
Mèditation pour le temps de noël


Ausgabe Nr. 8 Monat December 2002
Le Siège apostolique < occupé >


Ausgabe Nr. 8 Monat December 2002
La consécration épiscopale du P. Guérard des Lauriers


Ausgabe Nr. 8 Monat December 2002
La sede apostolica


Ausgabe Nr. 7 Monat Diciembre 2001
Ha permitido Roma el viejo rito misal


Ausgabe Nr. 7 Monat Diciembre 2001
A la recherche de l'unité perdue


Ausgabe Nr. 7 Monat Diciembre 2001
COMMUNICATION DE LA REDACTION (fr./engl/espa/ital)


Ausgabe Nr. 1 Monat April 2001
Christus erstand, Er, mein Hoffen


Ausgabe Nr. 6 Monat Dezember 2001
Den Wiederaufbau im Visier


Ausgabe Nr. 8 Monat Januar 2002
MITTEILUNGEN DER REDAKTION


Ausgabe Nr. 1 Monat April 2000
Über die Geheimnisse des Lebens Jesu Christi


Ausgabe Nr. 7 Monat März 2001
Hat Rom allen Priestern den erlaubt?


Ausgabe Nr. 2 Monat Juni 1999
Vom katholischen Priestertum heute


Ausgabe Nr. 4 Monat Oktober 1999
Erscheint die Muttergottes wirklich in Marpingen?


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In memoriam H.H. Pfr. i.R. Werner Graus


Ausgabe Nr. 2 Monat Juni 1998
ERWIDERUNG AUF DIE STELLUNGNAHME VON DR. E. HELLER


Ausgabe Nr. 3 Monat August 1998
Nachtrag zum Briefwechsel mit Pfr. Paul Schoonbroodt


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Siebels Oratoriumswasser


Ausgabe Nr. 5 Monat Dezember 1998
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Gott, von dem ich nicht einmal weiß, ob er überhaupt existiert


Ausgabe Nr. 6 Monat Februar 1998
Anfrage an H.H. Abbé Paul Schoonbroodt


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ZUM PROBLEM DER INTENTIONALITÄT BEI DER SPENDUNG DER SAKRAMENTE


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In memoriam


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NACHRICHTEN, NACHRICHTEN, NACHRICHTEN


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MITTEILUNGEN DER REDAKTION


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Ausgabe Nr. 2 Monat Juni 1980
IN MEMORIAM


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Ausgabe Nr. 5 Monat Dezember 1980
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Mitteilungen der Redaktion, Hinweise


Ausgabe Nr. 4 Monat Dezember 2019
In memoriam Frau Irmgard Staude


L’Eglise Catholique-Romaine de la diaspora
 
L’Eglise Catholique-Romaine de la diaspora – fiction ou réalité

par le prof. Dr. Diether Wendland
trad. abbé Paul Schoonbroodt

BREF APERÇU CHRONOLOGIQUE

Jean XXIII annonça peu après son élection qu’il convoquerait un « concile œcuménique » ; il dit avoir été inspiré ou illuminé d’une manière particulière, pour ainsi dire, par l’Esprit Saint et passa ainsi aux actes. Manifestement parmi « les pères conciliaires » qui s’y rendaient en hâte, personne ne s’était rendu compte que celui qui était tenu pour « pape », était en fait un hérétique notoire.(…) Car, de soi, un concile œcuménique convoqué par un pape de l’Eglise catholique romaine jouit de l’assis-tance divine c’est-à-dire de l’assistance du Saint-Esprit pour les discussions et les décisions à prendre en matière de foi et de mœurs.(…) Tous les évêques répondirent spontanément, sans contredire et joyeusement, à l’invitation en assistant à la tenue de ce concile œcuménique par un hérétique notoire ; ils se soumirent donc à son autorité. C’est un événement assez ‘édifiant’, car, dans le passé de l’Eglise catholique, on n’avait jamais vu quelque chose de semblable.

A propos de jugement erroné des évêques au sujet de Roncalli citons une assertion faite par le ‘cardinal’ Döpfner, président de la ‘ Conférence épiscopale allemande ‘ : Avec d’autres, dit-il, j’ai le ferme espoir, un jour de vénérer, qu’il nous sera donné de vénérer le pape Jean XXIII comme un saint de l’Eglise. » Car, selon Döpfner, comme il l’expliqua dans un discours à la radio, Roncalli ne pensait pas le moins du monde, à toucher aux dogmes ou à des principes fondamentaux de l’Eglise. Etant donné son origine paysanne à laquelle il aimait faire allusion, il avait, même en des choses mineures, une sensibilité marquée pour la valeur de ce qui a été transmis par le passé. Par ces paroles en l’air, des « fidèles » conservateurs, perturbés par ce qui se passait, purent être tranquillisés. (…) La plupart des catholiques, laïcs comme clercs, y accordaient foi c’est-à-dire ils tenaient pour vraie cette contre-vérité massive. En effet, on n’enregistrait nulle part une protestation publique, encore moins un mouvement contre semblable monstruosité. (Encore qu’il y eut une action par affiches du groupe « Una Voce, Gruppe Maria », à Munich qui stigmatisa Döpfner comme hérétique à côté d’autres hérétiques). Mais, si depuis plus de dix ans les gens étaient exposés à un continuel ‘bombardement’ d’hérésies venant ‘de haut’, il est clair qu’elles ne pouvaient rester sans effet sur eux. Les hérésies sont les portes de l’Enfer, parce qu’elles entraînent la perte du salut !

RONCALLI ET SON ‘CONCILE-ILLUMINE’

Très vite après l’ouverture de ce soi-disant « concile pastoral » qui céda à l’esprit impur du monde (au sens biblique du mot) peu nombreux, étonnamment très peu nombreux étaient ceux qui se rendirent compte du fait horrible- que le Christ, le Seigneur de l’Eglise avait retiré l’assistance divine à un concile oecuménique. Pourquoi donc ? Sans doute pour rendre manifeste à l’ensemble des catho-liques que l’ensemble de l’épiscopat catholique de notre temps ne pèse pas lourd. Paradoxalement c’était aussi une grâce permettant de mieux approfondir la connaissance de la foi et un don du Christ facilitant chez beaucoup qui ‘étaient de bonne volonté’ de laisser tomber la confiance aveugle (c’est-à-dire le fiducialisme) en leurs évêques, qui leur avait été inculquée par l’éducation. Ce qui manque à la confiance aveugle est identique à ce qui manque à une foi religieuse aveugle, savoir l’intelligence et une réflexion rationnelle critique. C’est pourquoi on parlait parfois sous ce rapport, à juste titre, d’une « infirmité catholique » qui s’était répandue comme une épidémie. Plus tard cette infirmité tourna à une maladie grave, mortelle au sens religieux. Mais, si la vie surnaturelle, uniquement possible par la grâce divine, s’éteint, on n’a pas d’autre possibilité pour le constater qu’à partir des effets sur la nature humaine dans sa dimension spirituelle. Car, nul ne peut affirmer qu’avant sa mort, il a la possession définitive du don de la grâce de la vie surnaturelle C’est pourquoi St. Paul enseigne ‘que nous devons travailler à notre salut avec crainte et tremblement » (Phil. 2,12)

Si un concile œcuménique tombe dans l’hérésie ou profère des hérésies, il ne s’ensuit pas qu’il s’agit d’un pseudo-concile ou d’un concile qui n’en était pas un, mais que tous les ‘évêques catholiques’ et leurs satellites comme piliers de ce concile ‘étaient déjà hérétiques’ et avaient « apostasié » l’Eglise catholique romaine, apostolique. Il n’a pas fallu trois ans pour que de cette apostasie naisse la structure monstrueuse de « l’église romaine conciliaire », se manifestant et s’activement non seulement à Rome mais aussi dans tous les diocèses. Son premier chef, Roncalli, permit qu’on lui mette la tiare, afin que partout dans le monde les fidèles ‘voient pour croire’; cela ne concernait pas seulement les catholiques romains qui étaient à Rome, mais aussi les autres dans le monde grâce à la TV et les magazines.

Si l’on veut tirer au clair une catastrophe ecclésiastique-tout comme pour une catastrophe de l’Etat- il faut se reporter au commencement réel pour en connaître la cause principale, faute de quoi il n’est pas possible de savoir, ‘quelles conséquences en découlent’. Si le 2e concile du Vatican n’avait pas eu lieu, il aurait suffi de s’occuper de Roncalli et de ses ‘amis’. Seulement la propagande en faveur d’un prochain concile réformateur réussit à en détourner beaucoup de personnes. Nul, s’il n’est un tant soit peu raisonnable, ne s’opposera aux réformes, voilà le slogan qu’on pouvait entendre à ce moment. Même les catholiques fidèles n’aimeraient que leurs frères dans la foi soient traités par les leurs comme sots et rétrogrades pour la bonne raison qu’ils « ne connaissent pas les signes des temps » et « qu’ils restent toujours attachés à des vieilleries ». (.. .)

A cette époque il n’y en avait pas mal qui, par ignorance ou défaut de connaissance, confondaient le corps des évêques, hérétique, « visible » à échelle mondiale, avec le petit troupeau (au sens biblique) de Jésus-Christ, alors que, en fait, ce troupeau avait cessé d’être visible aussi bien dans sa totalité que dans ses parties. ) Au moins la question était posée : qu’est-ce qui se passe dans l’Eglise catholique romaine ? mais surtout qu’est-ce qui lui arrive ? En effet, tout se mit à bouger et était maintenu en mouvement avec persistance. Par qui ? Par le clergé, car le laïcat n’y avait pas part ; d’autre part la masse du peuple catholique était bien trop passif pour qu’on ait pu le remuer. Il con-tinua d’adhérer à une sorte de ‘catholicisme ambiant’ hérité des ancêtres, en fait stérile, mais qui s’est même conservé jusqu’au jour d’aujourd’hui. (…)

L’APOSTOLICITE REFUSEE ET DETRUITE

A peine Pie XII, détesté par un grand nombre, le dernier pape jusqu’au jour d’aujourd’hui, était-il mort et enterré (« horribile dictu » =c’est terrible de le dire ) : plus tard Roncalli trouvera sa dernière demeure à côté de lui !) il y eut presque partout dans l’Eglise catholique d’étranges personnes pour relever la tête, surtout des faux mystiques (presque exclusivement marqués par une dévotion naïvement mariale) ; il est convenu de les qualifier de « personnes qui bénéficient de grâces particulières », ’illuminées’ ; il y eut les faux prophètes et les charismatiques, mais aussi des réformateurs de la liturgie, voire des théologiens ‘catholiques’ qui remirent ouvertement les dogmes en question ou qui prétendaient qu’ils étaient dépassés. Tous ces maux qui obscurcissaient l’image de l’Eglise catho-lique et qui surgissaient partout, s’étendaient à perte de vue ; ils furent perçus également par les non-catholiques- non pas nécessairement avec mauvaise joie, mais quelquefois même avec tristesse ! Mais où se trouvait donc la cause de tant de maux ? Certains pensaient qu’il fallait chercher la cause dans la vacance du Siège apostolique commencée et non encore terminée. Mais cela ne pouvait pas être juste. Car, une telle vacance du Saint Siège n’empêche pas le Saint-Esprit de travailler dans l’Eglise de Jésus-Christ ; mettons à part que l’Esprit Saint, envoyé depuis longtemps déjà, « souffle où il veut », mais non où certains le voudraient.

Il faudra donc conclure que la cause se trouvait ailleurs, mais toujours dans l’Eglise catholique et non en dehors d’elle. Et, en fait, la cause de ces maux se trouvait dans les hérésies et non en quelque chose d’autre, qui s’étaient répandues activement dans le corps social de l’Eglise catholique. La vacance du Siège apostolique qui eut lieu à ce moment-là et qui continue toujours actuellement, n’était que l’occasion pour que celle-ci se manifeste publiquement. Il ne faudrait donc pas seulement taxer cette vacance négativement, mais tacher d’en comprendre le sens. Car, rien ne se passe sans la volonté de Dieu qui, après tout, sait bien pourquoi il permet tel ou tel mal physique ou moral. Uniquement ceux qui ne se rendirent pas compte de la vacance perma-nente du Siège apostolique (depuis Roncalli jusqu’au jour d’aujourd’hui) qui n’en saisirent pas le sens, allaient se scinder en deux groupes prenant deux positions apparentes dialectiques : les traditionalistes bien connus et les progressistes ; les vieux conservateurs et les néo-modernistes, sans se rendre compte qu’ils se trouvaient déjà, en fait, dans « l’église conciliaire » qui les avait intégrés dans son sein. (…)

Déjà si l’on considère le « concile réformateur » imminent ( il faut noter que cela ne pouvait être le deuxième concilie du Vatican parce qu’il avait été convoqué par un hérétique) la question oppressive se posait à tous ceux qui envisageaient avec des appréhensions cet événement spirituel mondial : quel pouvait être le nombre de ceux parmi les membres effectifs de l’Eglise catholique (clercs et laïcs) qui, à la fin du concile seront restés fidèles et intacts dans l’Eglise apostolique afin qu’ils puissent passer son héritage et transmettre sa doctrine vraie ? (…) Car, tous les agitateurs, qui s’étaient employés depuis longtemps pour un « concile » réformateur général (on pouvait d’ailleurs voir à la TV leurs initiateurs faisant des reportages), avaient comme objectif de rompre radicalement avec l’apostolicité de l’Eglise catholique romaine. Voilà la signification du mot de passe : il faudra repenser tout et emprunter décidément de nouveaux chemins. De plus, « les signes des temps » eux aussi indiquaient la même direction. Plus tard l’on disait, et c’était logique : « Il n’est pas permis de retourner à la période d’avant le concile » précisément parce qu’il a institué un commencement tout nouveau !

Le catholique moyen, clerc ou laïc, était impressionné par ce slogan et le considérait même comme raisonnable. De plus, ces ‘réformateurs’ radicaux étaient bien conscients du fait indéniable que la plupart des catholiques n’avaient plus aucune notion de l’apostolicité de l’Eglise ou alors ils n’avaient que des idées très vagues, à telle enseigne qu’ils n’étaient pas en mesure de discerner l’hypocrisie des réformateurs lorsque, le dimanche à la messe, ils professaient de bouche « Credo… apostolicam Ecclesiam ». Car, les uns ignoraient ce dont il était question, les autres savaient certainement qu’ils mentaient comme des hypocrites. Les deux célébraient d’ailleurs la sainte messe « una cum Roncalli » ).

EN ROUTE VERS LA DIASPORA

La tentative de la destruction de l’apostolicité de l’Eglise catholique romaine-le sang des martyrs de S. Pierre et de S. Paul cria déjà vengeance au ciel !- par le biais d’un concile général (il faut noter que ce ne serait pas possible autrement parce que le Concile Vatican I a fixé qu’un schisme ne peut avoir lieu sans hérésie) devait nécessairement conduire à ce que l’Eglise fût d’abord refoulée au bord de la société et pour finir dans les ‘catacombes’ (ou ‘underground’ –note du traducteur) de sorte qu’elle devienne une « Eglise de diaspora ». Nous pourrions la nommer aussi Eglise catholique-romaine de la diaspora. Cet état de vie douloureuse au milieu d’une situation de diaspora de la vieille Eglise romaine se manifesta déjà plus ou moins lors de « la cérémonie de clôture » du Concile. (C’était en décembre 1965, première césure !) lorsqu’il n’y eut plus de doute possible que tous les sièges épiscopaux, sans exception, étaient occupés par des hérésiarques qui commencèrent à paître leurs troupeaux, avec le soutien de leur clergé dans ’l’esprit du Concile ‘ ; ces prêtres leur étaient dociles et, à leur tour, ils commençaient à paître le peuple catholique dans ‘un esprit nouveau’, afin d’incorporer un maximum de catholiques « à l’église conciliaire romaine ». (…)

Cependant, les membres « vivants » (contrairement aux membres « morts ») de la diaspora de l’Eglise catholique romaine ne perdirent pas leur perspective christocentrique ; de plus ils étaient conscients que l’Eglise de la diaspora ne peut pas perdre son apostolicité (certains en avaient peur) , mais que, sous ce rapport, elle pourrait tout au plus subir un préjudice, encore que ce serait bien difficile. C’est pourquoi il faut aussi se poser la question – à laquelle il n’est guère facile de répondre : jusqu’où peut aller un tel préjudice ?

Car, l’apostolicité de l’Eglise de Jésus-Christ est indestructible, parce qu’elle n’a pas été bâtie sur un homme quelconque, mais par Jésus-Christ sur « le fondement des apôtres et des prophètes » selon l’enseignement de S. Paul (Eph. 2,20). Cela, tous, les membres vivants de l’Eglise catholique de diaspora, et ceux qui assument des charges, le savent. Aussi, c’est la raison pour laquelle ils se trouvent en une opposition radicale à « l’église conciliaire romaine » et à leurs responsables. Déjà la fin de l’année1965 se trouvait sous le signe de la contradiction et il marqua aussi le début du chemin épineux de la diaspora. Alors la question se posa : à combien peut-on évaluer le nombre de ceux qui emprunteront ce chemin avec courage et en étant bien conscients ? Plus que cela, entreprendront-ils également une action juste et nécessaire, afin de pouvoir survivre eux-mêmes en même temps que les autres ? Car il est évident qu’il n’est guère facile de réussir et de tenir bon dans une situation de diaspora ecclésiastique, surtout si elle doit s’étendre sur plusieurs générations. Les aînés en 1965 ne vivaient plus en 1990.

FAIBLESSES CONSIDERABLES DE LA RESISTANCE

La mort de Pie XII (en 1958) fut ressentie par beaucoup comme un vide étrange ; les catholiques fidèles étaient frappés d’un deuil profond parce qu’ils avaient perdu ce « roc au milieu du tourbillon ». A partir de ce moment l’Eglise apostolique romaine prit progressivement un caractère d’Eglise de la diaspora alors que la plupart des fidèles-et cela se comprend- ne s’en rendaient pas compte. Il faudra sept ans (1965) pour que cette situation de diaspora devienne visible. Il n’y eut cependant pas de transformation de son essence, mais pendant son cheminement à travers le temps il n’y avait que son état et sa situation vitale qui avaient changé. Suite à cette intelligence des choses se posa à nouveau la question quel pourrait éventuellement être son état au bout de ce cheminement, si entre-temps aucun remède contre le malheur de cette situation de diaspora n’aurait été trouvé pour l’arrêter. Est-ce que tout cela allait aboutir-pour le dire avec S. Paul- à l’état et à la situation vitale (et fondamentale) : « un seul Seigneur, une seule foi (vraie), un seul baptême (sacramentel) » (Eph. 4,5) ? Ou bien allaiton rencontrer au bout de ce chemin une situation ecclésiale telle que décrite par S. Jean au chapitre 12,13-18 de l’Apocalypse ? « La femme » dont il est question n’est pas la Sainte Vierge, mais l’Eglise persécutée qui pourrait (encore) s’envoler au désert, en sa retraite où elle est nourrie un temps, hors de la présence du serpent », si bien que le dragon fut rempli de fureur contre la femme, et il y alla faire la guerre au reste de ses enfants, à ceux qui observent les commandements de Dieu et qui gardent le commandement de Jésus ».

On en est encore loin, parce que une situation de diaspora n’équivaut pas à un « désert », où les réfugiés et les persécutés seraient acculés à vivre de la libéralité des autres. Car, la faculté de forger des armes, de ranger une armée en bataille (…)- et de se dresser contre l’ennemi qui s’est placé au sein de « l’église conciliaire romaine », des épées bien affûtées à la main, existe toujours. Cet ennemi n’est nullement un « dragon » ou une « bête au service du dragon », ni même un énorme scorpion dont il faudrait craindre les aiguillons, mais une tortue grande et boursouflée, scintillant en quantité de couleurs, se nourrissant de mouches et de vers de terre, mais il a simplement une grande gueule qui n’arrête pas de proférer des pseudo-prophéties et des promesses insensées. Or, depuis 1965 c’est ce que Rome clame sans arrêt face au monde « urbi et orbi ».Il faut aussi que l’Eglise catholique romaine de la diaspora ait un ennemi bien défini, sinon elle lutterait contre des moulins à vent et cesserait d’être l’Eglise militante (et in via) (…) Mais les résistants eux-mêmes vont un jour être las de combattre et perdre leurs forces parce que leurs énergies sont épuisées. Ils seront alors cloués sur des croix invisibles. (…)

Il ne faut pas croire qu’ un affaiblissement avoisinant l’impuissance dans le cas de l’Eglise catholique romaine de la diaspora, qui se manifestait déjà lors de ses débuts entre 1962 et 1969, résultait de la vacance continue du Siège apostolique, mais surtout de trois facteurs négatifs qui apparaissaient surtout dans les diocèses, et donc pour ainsi dire à proximité du lieu d’habitation des fidèles, réclamant une solution. Cette faiblesse était due :

1. à l’absence d’une structure d’organisation (car l’Eglise est aussi un tissu social) qui devrait être conforme à la situation générale de diaspora ; elle pourrait être réellement utile, afin d’éviter et d’empêcher, dans l’intérêt d’un grand nombre, le sectarisme de groupes et de groupuscules déjà latent autrefois.

2. absence d’un conseil central régional (et non national) de catholiques théologiquement formés (p. ex. pour les pays de langue allemande) doté de certaines compétences pour organiser la vie de l’Eglise de la diaspora par des directives et des règles pratiques ; d’autre part les fidèles pourraient s’y adresser, que ce soit pour des questions religieuses ou canoniques, peu im-porte, pour être confortés dans leur position et leur enlever le sentiment d’être livrés à eux-mêmes ;

3. absence de catéchistes compétents pour les adolescents et les adultes encore jeunes qui sont déjà engagés dans la vie professionnelle, qui travaillent sans évoquer les problèmes qui, dans la situation de diaspora se présentent nécessairement à ceux qui envisagent le mariage catholique et la fondation d’un foyer. Or, en règle générale, les prêtres étaient totalement inaptes à donner une vraie catéchèse pour adultes parce qu’ils n’étaient pas formés pour cela ; ce qui se savait autrefois déjà parmi les gens de métier. N’étaient aptes que des laïcs ayant reçu une formation en théologie, qui étaient actifs dans la formation des adultes et qui étaient au courant de leurs problèmes. Hélas, il n’y en avait que très peu qui auraient été susceptibles d’assumer cette fonction. Mais il y en avait quand même de sorte qu’ au moins l’on pût faire en commun un pas dans la bonne direction. On aurait pu alors confier aux parents l’enseignement du catéchisme pour les enfants, parce que les catholiques fidèles de la diaspora savent bien quelles sont leurs obligations.

ESPERANT CONTRE TOUTE ESPERANCE

A l’heure qu’il est, peut-on encore remédier aux trois causes principales de l’affaiblissement de l’Eglise catholique romaine de la diaspora ? Voilà une question oppressante qui se pose, pas aujourd’hui seulement. Je ne suis pas d’avis, comme d’autres avec moi, que des objectifs manqués et des expériences erronées pendant plus de 25 ans, rendent la chose impossible. A moins que le SEIGNEUR Lui-même, qui est le CHEF de l’Eglise, n’opère un miracle spécial en supprimant en quelque sorte cette faiblesse universelle. Il faut noter que celle-ci repose presque exclusivement sur le respect humain. Nombre de personnes sauront alors clairement que le Seigneur n’abandonne pas les siens, surtout pas quand ils se trouvent au milieu de la dispersion ; certes, ils n’en sont pas responsables parce que ce sont des autres qui en sont la cause.

D’aucuns qui voient l’état actuel des choses et savent comment on en est arrivé là, n’ont pas la force suffisante pour écarter cette faiblesse. Par ailleurs il est un fait que le Christ n’aime pas les lâches et les faibles (faiblards !), mais bien les forts, capables »d’espérer contre l’espérance » et de tout attendre de Lui seul et non pas de la part d’hommes quelconques qui se présentent comme des porteurs d’espérance. Il est un fait qu’une Eglise de la diaspora est toujours faible, mais il ne faudrait pas que les uns et les autres se soient rendus coupables d’avoir causé cet affaiblissement. Dans ce cas le Christ ne ferait pas de miracle, ce serait un non-sens. De tels prodiges seraient uniquement le fait de l’Antichrist et de ses précurseurs, savoir « les faux Messies » et les « faux prophètes ». Le Christ lui-même a mis en garde contre de telles gens qui se présentent toujours sous des peaux de brebis, mais qui sont au-dedans des loups ravisseurs . (…)

Il n’y a pas mal de catholiques (qui le sont encore ) qui pensaient -probablement parce qu’ils n’ont pas vu clairement et avec assez de réalisme que l’Eglise romaine est en situation de diaspora- que la situation de l’Eglise allait connaître un changement, comme ils disaient, à partir du moment où nous aurons de nouveau des évêques catholiques. En réalité, la situation n’a pas changé du tout, même s’il y a quelques évêques qu’on peut considérer comme tels. Néanmoins le fait qu’il existe de tels évêques, n’est d’aucune avance pour surmonter et endurer une situation de diaspora ; cela se confirme par l’expérience d’un grand nombre de personnes. Pour voir un changement il faut bien davantage, savoir un apostolat missionnaire par des laïcs dont l’apostolat devrait viser des objectifs pratiques et directs. Il est impossible que cela marche dans ce récent mouvement hérétique « pour le Pape et pour l’Eglise »(en Allemagne : Für Papst und Kirche), mais dans un mouvement très modeste et humble « pour le Christ et pour l’Eglise » ! (L’humilité chrétienne comporte le courage permanent de servir dans l’obéissance au Christ. Les personnes faibles et lâches sont incapables d’un tel « courage au service ».

En fondant son Eglise le Christ, le Fils de l’Homme, ne s’est pas contenté d’appeler les apôtres à sa suite, mais aussi les disciples en les envoyant en mission. Il est triste et pénible à la fois, si les catholiques ne le savent plus , ou bien, s’ils le savent, qu’ils empruntent des fausses pistes. Au mieux il y en a beaucoup qui donnent l’impression d’appartenir à la progéniture spirituelle des « disciples d’Emmaüs », savoir ils sont sans intelligence et pleins de respect humain. Faut-il qu’il en soit ainsi ? Sûrement non ! Mais pourquoi en est-il ainsi ? Ne sait-on plus que Jésus-Christ, Notre-Seigneur veut qu’on le prie, parce qu’il est le Maître et le véritable Seigneur ? Personne, ni clerc ni laïc, n’obtiendra quelque chose ou ne tournera quelque chose en bien sans Lui !(…) Une situation de diaspora exige plus que l’esprit de piété et une dévotion personnelle afin de faire le salut de son âme. Le Christ l’a dit :« Celui qui tentera de sauver sa vie, la perdra » (Math. 10,39).

Personne ne peut savoir quelle sera la durée de la situation de diaspora de l’Eglise romaine, gravement atteinte dans son apostolicité, car, il n’y a que le Christ qui pourra y mettre un terme, quand il le voudra ! Ce que nous voulons et ce que nous cherchons à atteindre, n’est d’aucune importance. Qui oserait affirmer qu’il ne s’est pas rendu coupable, d’une manière ou de l’autre de cette situation misérable ? Oui, nous catholiques, d’abord les clercs et puis les laïcs (ce qu’il ne faudrait pas sous-estimer) nous ne sommes pas allés fort loin. Nous devons évidemment faire quelque chose, voire même beaucoup, pour contribuer à une amélioration de la situation. Mais celui qui « n’amasse pas avec Lui, disperse » (Math.12,30) ; il fait en sorte que la situation de diaspora ne fait qu’empirer davantage. Or, sans l’apostolat missionnaire des laïcs on n’amasse pas avec le Christ, Notre-Seigneur, chose que certains « évêques de la diaspora » devraient comprendre. Si les informations qui me sont accessibles sont exactes, il n’y a jusqu’à présent qu’un seul à l’avoir compris. On marche à reculons, tenant des traditions « ecclésiastiques fausses et qui sont de plus tout à fait impropres à surmonter les problèmes de l’heure. Cela n’existait pas jadis.

Il y a peu, paraissait aux USA un livre intitulé : « Will the Catholic Church survive the twentieth century » ? (Est-ce que l’Eglise catholique survivra le 20e siècle ?) Déjà cette interrogation erronée de la part de traditionalistes énervés, s’imaginant pouvoir sauver l’Eglise catholique de manière inadaptée, prouve qu’on ignore tout à fait la situation réelle et véritable de l’Eglise apostolique romaine, sans parler de l’absence de connaissances indispensables. La réédification de l’Eglise qui a été ruinée dans sa structure par en haut, ne pourra se faire que par en bas, à condition d’emprunter pour cela les chemins qui sont indiqués- avec l’aide du Christ, évidemment ; sans cela l’on ne bâtirait que sur du sable et l’on s’embourberait une fois de plus.

CHATIMENT DE DIEU

La situation de diaspora de l’Eglise catholique romaine existant depuis plus de 25 ans qui hélas n’est pas encore connue par un grand nombre, est un châtiment de Dieu (trinitaire), non un châtiment de vindicte, mais un châtiment médicinal. Mais pourquoi résiste-t-on à prendre connaissance de ce fait ? N’est-ce pas enfantin et stupide de repousser un remède salutaire et de ne pas l’absorber, même si son goût est amer ? Il est un fait que la vie de l’Eglise en diaspora est amère ; elle n’est d’aucune façon douce comme le miel. Il y a beaucoup d’endroits où des catholiques prient beaucoup ; et pour-tant ils ne cessent de se lamenter : « Nous n’avons toujours pas de pape, ni même un évêque » ! Alors quoi ? est-ce si terrible, ferais-je comme réponse à ces lamentations ? Le Christ ne vous suffit-il donc plus ? Alors qu’il nous indique non seulement les voies à suivre, mais qu’il est la Voie Lui-même ? Est-ce que le sens de certaines paroles de Notre-Seigneur vous échappent ?

Entre-temps l’on ne marche même pas sur des voies qui mènent à Lui et qui s’imposent spécialement dans une situation de diaspora. Actuellement tout catholique adulte est soumis de ce fait à des exi-gences bien plus fortes que le catholique moyen. Il s’agit donc de changer fondamentalement sa manière de penser et de raisonner à partir des données réelles. Pourquoi ne décide-t-on pas de se détourner des membres « morts » de l’Eglise romaine et pourquoi ne cherche-t-on pas le contact avec les membres vivants ? Ce ne sont pas les papes et les évêques qui sont la « Lumière du Monde » sans plus alors qu’ils sont vrais successeurs des apôtres comme papes et évêques légitimes. Est-ce qu’on simule l’ignorance, afin de se débiner des obligations relatives au bien du prochain dans le Christ et au bien commun de l’Eglise de Jésus-Christ ?

Il ne suffit pas de tenir la vraie doctrine de l’Eglise romaine et s’y attacher, encore faut-il la transmettre avec intelligence pour qu’elle puisse porter ses fruits. En effet la doctrine de la Foi est liée à l’intelligence, comme cela se doit, ce qui est bien différent des idéologies courantes. La doctrine proprement chrétienne est une doctrine de discernement et non un désordre doctrinal, contraire à la raison. Pourquoi les catholiques n’écoutent-ils pas Celui qui, non seulement détient la vérité, mais qui est la Vérité ? Au lieu de cela ils suivent les hérétiques et les considèrent même comme des « théologiens », pourquoi ? A-t-on oublié ce que le Christ et les apôtres ont enseigné, pratiqué et commandé à ce sujet ? Pourquoi ne lit-on pas intelligemment les Actes des Apôtres en les appliquant avec du bon sens et avec la même intention à la situation d’aujourd’hui ? Certains s’apercevront alors, peut-être, de ce que beaucoup de nouveautés actuelles sont en fait assez vieilles. Car, dans l’histoire du Salut et dans l’histoire des malheurs de l’humanité il y a des redites. L’Eglise militante véritable n’est jamais au bout de son itinéraire, mais toujours en route « dans ce monde » - et chose à ne pas perdre de vue- elle n’est jamais liée à un endroit de façon à ce qu’elle ne puisse jamais s’acclimater dans le monde. (…) L’Eglise catholique romaine de la diaspora, malgré son affaiblissement, n’est pas privée de la marque de l’Eglise militante. Sur ce point il y a une différence avec l’« église conciliaire » qui, elle, s’est adaptée au « monde » et à l’ « esprit du monde ».

L’ « église romaine conciliaire » qui a intégré dans son sein tous les groupements et toutes les associations des catholiques sectaires est loin d’avoir réussi à détruire l’Eglise catholique romaine en dépit de son affaiblissement général ( !) , parce que la pierre d’angle, Jésus-Christ est son seul Seigneur.(…) En cela aussi, ceux qui sont dispersés, mais qui appartiennent à l’Eglise romaine apostolique, la vieille « mater et magistra » se différencient de ceux qui errent dans la foi tout en se désignant comme catholiques, alors que, en fait, ils ne sont pas catholiques romains. On peut facilement le constater, même indirectement. En effet, les catholiques ayant pris conscience de leur situation de diaspora, sont des fondamentalistes décidés, axés sur le Christ, simultanément ils sont de vrais sédévacantistes.

Il est grand temps que l’Eglise catholique romaine de la diaspora prenne conscience d’elle-même, au moins dans beaucoup de ses membres sur le plan régional, que ceux-ci, malgré l’affaiblissement général, parviennent à surmonter le respect humain, le grand obstacle à effet paralysant, de sorte qu’on ne suive pas le Christ comme le seul Bon Pasteur en refusant de faire ce qu’il commande : « levez-vous, ne craignez point » (Math. 17,7. « Sois sans crainte, mais parle et ne te tais point » (Actes 18,9). Pourquoi refuse-t-on des grâces qui sont précisément données à l’Eglise en diaspora ? Personne mieux que le Christ Lui-même ne connaît la situation de l’Eglise et la nôtre. Pourquoi alors n’accepte-t-on pas Ses enseignements, alors qu’il est le docteur suprême par excellence ? Et pour-quoi ne se sépare-t-on pas des faux docteurs (hommes et femmes !) qui causent des ravages sur le plan « ecclésial » et scolaire ? Aucun catholique, tenant la doctrine vraie, ne confiera ses enfants à ces personnes pour en recevoir leur enseignement. (…)

LES CATHOLIQUES A L’OMBRE DE L’EGLISE CONCILIAIRE ROMAINE

L’église romaine conciliaire, hérétique et apostate, avec ses « nouvelles doctrines », son « culte nouveau », ses « nouveaux rites, et son « nouveau droit canon » est devenue malgré bien des difficultés une réalité sociologique, tant et si bien qu’elle cache considérablement l’existence de l’Eglise catholique romaine de la diaspora la soustrait aux regards de l’opinion publique. C’est pourquoi l’Etat libéral et démocratique et la société profane ne remarquent pour ainsi dire pas sa présence. Même les mass-media, habituellement curieux - et les partis allemands avec le sigle « C » (chrétien)- ne semblent la connaître ; cela se comprend (…) L’Eglise en situation de diaspora, peut être visible plus ou moins bien, pour ce qui est des notes de l’Eglise. La note de la sainteté fut en tout temps la moins visible ; ce qui ne veut pas dire que la sainteté manquait. « L’église conciliaire vieille Eglise romaine apostolique ? (…)

L’Eglise est une structure sociale religieuse d’une nature particulière « dans ce monde », fondée par le Fils de l’homme divin sur le « fondement des apôtres et des prophètes ». Simultanément le Christ institua les sacrements (signes sensibles porteurs de la grâce), dans un ordre déterminé. Il faut que les membres vivants de l’Eglise catholique romaine de la diaspora se souviennent clairement et qu’ils prennent conscience de ce processus complexe qui, dans le cours de l’Histoire du salut se perpétue d’une manière propre. Cette prise de conscience serait d’un grand secours parce que l’affaiblissement de l’Eglise pourrait être surmonté par la grâce du Christ ; elle permettrait d’éviter de faire fausse route ce qui ne ferait qu’ aggraver la situation de diaspora. De plus, que les catholiques de la diaspora se souviennent que Notre-Seigneur Jésus-Christ était précisément du côté des faibles, jamais du côté des forts. Que l’on évite cependant une confusion entre faibles et faiblards dont la caractéristique morale est la couardise. D’ailleurs, à regarder de plus près, la plupart des iréniques ne sont finalement que des couards. Ils se contentent d’observer la situation ou bien ils se débinent , lorsque le Christ est blasphémé et honni publiquement (par la parole et par l’image). Telle est la situation générale actuellement et qui plus est, jouit de la protection de la loi.

Les catholiques romains de la diaspora ont vu de plus en plus clairement, et ce malgré nombre de perplexités et des manœuvres de détournement après qu’ils s’étaient séparés de l’ »église conciliaire romaine », le fait que sans le sacrement de baptême et de mariage il n’y a pas d’Eglise du Christ. Il n’y en avait pas mal et parmi eux quelques clercs, pour qui c’était une connaissance nouvelle qui les amena à une réflexion nouvelle. Ainsi le prêtre n’est pas absolument indispensable pour administrer le sacrement du baptême, même indépendamment du fait que la situation ecclésias-tique de la diaspora est ipso facto une situation de nécessité. Ne pas baptiser les enfants et les exposer au péril de mourir prématurément (soit pour cause de maladie subite ou d’accident de route), sans qu’ils soient membres du « corps mystique du Christ », c’est assurément un grand délit, irréparable à l’avenir. « Laissez ces petits enfants, et ne les empêchez pas de venir à moi, car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent. »disait le Christ « ! D’autre part un prêtre est fondamentalement inapte à donner et à recevoir le sacrement de mariage.

Or, l’Eglise de la diaspora a comme mission et devoir de réorganiser et de régler avec des normes ces deux réalités ; seul le conseil central régional, dont nous parlions plus haut, est en mesure d’assumer cette tâche. L’on ne regardera pas en arrière, l’on envisagera clairement les problèmes de l’heure et l’on verra les réalités en face, telles qu’elles sont et non comme l’on désirerait qu’elles soient.

Personne ne connaît l’avenir, ni celui de sa propre vie, parce qu’il est enveloppé dans le secret de Dieu. Rarement le Seigneur de l’Histoire ne lève-t-il quelque peu le voile, parfois il le fait indirectement en montrant que l’on avait fait fausse route du point de vue religieux. Et pour ce qui est des fameux « signes des temps », il faudrait distinguer s’ils viennent de Dieu ou de Satan. N’est-il pas assez bizarre qu’actuellement bien des personnes périssent moralement et du point de vue religieux sous le « signe de la liberté ». Entre-temps quel est celui qui empêche l’Eglise catholique romaine de se manifester alors qu’elle pourrait dresser un « signe visible de contradiction », au moins sur le plan régional ? Bien sûr, cela requiert courage et détermination, de l’endurance aussi malgré des contre-coups auxquels l’on doit toujours s’attendre. Qui se portera au secours des pusillanimes pour les réconforter dans leur espérance ? « Car, c’est en espérance que nous sommes sauvés. Or, voir ce qu’on espère, ce n’est plus espérer : car, ce qu’on voit pourquoi l’espérer encore ? Mais, si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec patience » Rom. 8,24s.). La patience équivaut à une attitude de non-activité. La vertu chrétienne d’espérance n’est pas vague, indéterminée, mais justifiée, déterminée en Celui-là uniquement qui «est la Voie et la Vérité, » absolument, invariablement.

LA RECONSTITUTION DE L’EGLISE N’EST PAS EN VUE

Plus on saisit la réalité de « l’église conciliaire romaine », hérétique et apostate, plus on voit ce qu’elle est, mais plus aussi la situation de diaspora de l’Eglise apostolique romaine apparaît clairement avec ses faiblesses qui sont les mêmes partout. Parmi celles-ci la vacance du Saint Siège, qui date de 1958, n’est pas la seule. Car, dès le début de la dispersion où elle s’engageait et plus tard aussi dans la résistance, malheureusement déviée, contre les effets assez secondaires résultant du concile. On n’a pas vu clairement les maux et les défauts à la base au niveau ecclésial et catholique, qui entravaient, voire empêchaient la reconstitution de l’Eglise dès le départ. )

Si l’on considère la situation ecclésiale eu égard aux régions, il est maintenant « douze heures cinq » ; eu égard à la situation générale, personne n’est en mesure de le dire. Il n’y a que le SEIGNEUR comme CHEF de l’Eglise qui sait et ceux à qui Il veut bien « révéler » toute la situation. Nous qui vivons dans la dispersion, nous ne pouvons pas le savoir, mais nous « mettons notre espoir dans le Seigneur » tant que nous vivrons. Nous n’avons pas de révélations privées ni des songes ni des soi-disant apparitions mariales étranges, ridicules, nous n’entendons pas non plus des « voix »( ni intérieures ni extérieures) nous annonçant ce qui arrivera dans un avenir proche ou éloigné ou qui nous instruisent de ce que nous avons à penser ou à faire. (…) C’est le Christ, Notre-Seigneur par contre qui a pitié et viendra au secours des faibles qui n’y peuvent rien. (…)

Lorsque Vatican II a consommé la rupture avec l’Eglise apostolique romaine (…), l’essence de l’Eglise n’ a pas été changée, mais sa situation concrète et l’état ecclésial. Certains étaient très soucieux en voyant ce changement, mais peu nombreux étaient ceux qui en mesuraient l’importance véritable. De plus, la poignée de ceux qui vivaient déjà au milieu de la dispersion comme des bannis, se trouvaient dans une situation précaire, ne pouvant plus en référer dans des publications. Partout l’on se heurtait à des catholiques (éditeurs ou lecteurs d’édition) qui s’étaient entourés de murs ou de parois de caoutchouc) ; ils vous foudroyaient de méchants regards si l’on osait ne pas souffler dans le « cor de ce saint concile » et de ses évêques. Cela étonne de voir comment certaines personnes appartenant à ce qu’il est convenu d’appeler ‘des catholiques d’un bon niveau de formation » ont rapidement changé de front ! (..)

A ce moment plusieurs anciens problèmes jamais résolus, toujours laissés pour plus tard se posaient à nouveau. Citons comme exemple le problème de l’union entre le clergé et le laïcat dans l’Eglise du Christ qui n’existait plus depuis fort longtemps. La meilleure preuve c’est le cléricalisme dévastateur dont l’origine remonte au 18e siècle et qui se trouvait en opposition avec l’unité de l’Eglise romaine apostolique. Il y avait pas mal de catholiques qui avaient toujours gardé la foi intégrale sans qu’ils aient pu se rendre compte que l’ « église conciliaire romaine » et l’Eglise catholique romaine de la diaspora commençaient d’exister en même temps. Ce n’est pas qu’ils étaient naïfs, mais ils étaient sans cesse détournés par des choses secondaires qu’ils avaient à affronter. (…)

Le but de tout cela consistait à camoufler la rupture avec la vénérable Eglise catholique romaine et à détourner l’attention. A cela il faut ajouter que le maintien de la « célébration sacrilège » de « la cène du Seigneur » « una cum Roncalli ou Montini » avait comme but de tromper la masse des fidèles qui sont généralement dépourvus de sens critique. Ceux qui y assistaient, refusaient d’être éclairés; ils ne se rendaient pas compte de ce qui se passait réellement. D’où une question difficile se posait : quels sont les catholiques (surtout ceux qui ont une formation scolaire plus poussée) susceptibles d’être instruits en matière religieuse ou intéressés par une information utile ? Comment les atteindre ? Il fallut bien constater que des conversations avec des amis et connaissances étaient loin d’être suffisantes, en dépit de quelques succès enregistrés par ci par là. Car, comme on constatait bien vite, ce qui faisait défaut, c’était un plan fondamental pour un apostolat missionnaire particulier et nouveau à appliquer par des catholiques fidèles dans la diaspora ; mais cet apostolat aurait dû être supporté par un nombre relativement important ou du moins être soutenu. C’était impossible. En effet, un bon concept utile et pertinent est toujours de nature à susciter l’intérêt d’un grand nombre, en particulier lorsque le chaos religieux se manifeste autour de vous. Ce chaos était perçu par tous, à moins qu’ils n’étaient déjà aveugles spirituellement ou s’ils ne manifestaient plus d’intérêt pour l’Eglise.

L’EGLISE DE LA DIASPORA – UN FAIT INDENIABLE

Dans les années soixante il semblait à la plupart de ceux à qui nous parlions de problèmes d’ecclésiologie que l’Eglise catholique romaine de la diaspora est une fiction. Dans les années soixante-dix le nombre de ces sceptiques avait considérablement diminué. Dans les années quatre-vingts personne d’entre eux, s’ils étaient toujours en vie, ne parlait encore de fiction. Plus d’un était conscient d’être devenu un catholique de diaspora, même au sein de sa famille , au point qu’il ne savait plus que faire. Fils et filles, gendres et belles-filles, parents et connaissances se moquaient ; au mieux il était considéré par eux comme une pièce de musée qui tarde à prendre connaissance des signes des temps. Un tel homme ne vit plus seulement en marge de la société, mais en dehors d’elle, mais encore toujours dans l’Eglise catholique romaine de la diaspora. Selon les apparences il est faible, mais en réalité, il est plus fort que tous les autres autour de lui. En effet, il connaît le chemin sur lequel il est placé et dont il ne déviera point. Il ne prend pas la fuite afin de se cacher quelque part, mais il est vrai, le chemin sur lequel il avance, est étroit ; d’autre part, pour cette raison il conduit plus facilement au but. (…)

L’Eglise apostolique romaine (…) n’était plus aussi forte et puissante, malgré que le Siège apostolique était vivant. Et pourtant c’est ce que des prêtres et des théologiens teintés de cléricalisme continuaient d’affirmer afin de brouiller la vue chez les autres. Cela se manifesta par l’affaiblissement visible et les causes de celui-ci, à partir du moment où l’Eglise apostolique romaine commençait à se transformer de plus en plus en une Eglise catholique romaine de diaspora. La nécessité de marcher à travers le temps sur une autre voie que la voie ordinaire s’imposait . Mais, comme personne n’était préparé à cela, il était impossible de prendre les mesures de prévention. Ainsi, si un enfant est tombé dans un puits, on peut dans le meilleur des cas l’en retirer couvert de contusions, si tant est qu’on a entendu ses cris au secours. Après les années 1962-1965 « les enfants de l’Eglise catholique » tombèrent en masse dans un puits profond. Il aurait fallu un grand nombre de « sauveteurs » pour les en retirer. De plus, l’on ne voyait plus grand chose de la « vigne du Seigneur », parce que les souris des champs et les taupes s’y étaient multipliés rapidement. Il y en avait pour s’interroger d’où pouvaient venir soudain ces bêtes. D’autres, mieux informés, purent leur dire qu’il y avait longtemps que ces ‘bêtes’ s’y trouvaient.

Dans les années soixante (ce que l’on pouvait observer plus particulièrement dans les contrées catholiques) il y avait beaucoup de catholiques qui n’auraient jamais admis autrefois qu’on critique la sainte Eglise catholique et qui la défendaient toujours, se détournaient désormais avec aversion de l’Eglise catholique officielle (ils la considéraient comme telle) refusant désormais d’avoir des con-tacts avec elle. Comment fallait-il comprendre ce phénomène ? Chez ceux qui s’en préoccupaient deux tentatives d’explication prévalaient ; elles étaient pourtant fausses. Les uns pensaient qu’il s’agissait d’une « émigration interne » ou « d’une émigration spirituelle » de l’Eglise catholique ; mais cela finirait par une apostasie (de l’Eglise). Les autres – principalement des clercs- parlaient inconsidérément de « l’apostasie de la foi catholique » et ils estimaient que ces catholiques étaient devenus par le fait même des infidèles parce qu’on ne les voyait plus à la messe le dimanche. En réalité, il ne s’agissait dans leur cas pas du tout de catholiques ayant perdu la foi ! Leur attitude était au contraire une sorte d’autodéfense et un recours irréfléchi à la protection contre des maux manifestes, grandissant sans arrêt et liés aux effets du soi-disant « concile réformateur ». Ce genre de catholiques appartenant à une couche sociale cultivée n’étaient pas des « apostats », même s’ils déclaraient parfois haut et fort qu’à l’avenir ils allaient se tenir éloignés de « tout ce qui se rapporte aux choses de l’Eglise ». Or, ce n’était pas aussi sérieux que cela en avait l’air. Ce n’était que l’éclat d’une colère accumulée, suite à ce qu’on avait vécu ou entendu de terrible, inclusivement le déni-grement. Au fond ces catholiques, sans en être bien conscients, ne cherchaient qu’à échapper à « l’esprit du concile » et ses retombées dans l’ensemble de l’Eglise catholique. Mais qui allait éclairer ces catholiques et qui allait les aider à se rendre compte que l’Eglise catholique romaine s’était déjà engagée dans une situation de diaspora? Actuellement on ne sait plus où ces catholiques ‘fâchés’ se trouvent et ce qu’ils sont devenus. Sur le chemin de l’Eglise catholique ils se sont perdus dans la dispersion. Plus tard on n’a pas pu les récupérer, sauf quelques unités.

Tous-qu’ils soient traditionalistes ou progressistes, vieux-conservateurs ou néo-modernistes- donc tous ceux qui, faute de connaissances au sujet de la diaspora de l’Eglise apostolique romaine et les causes de l’existence de celle-ci, estiment que l’église conciliaire romaine » est, dès ses débuts une église catholique d’un genre différent, avec une foi nouvelle, malgré qu’elle porte aussi la marque d’une « contre-église » sauvage. Ces catholiques-là tournent en rond ou bien ils sont récalcitrants comme des chevaux de cirque, qu’un « dompteur » spirituel maintient en un mouvement perpétuel en les tenant en laisse bien longue, sous les applaudissements d’un public nombreux, qui de toutes façons a payé le ticket d’entrée ( la dîme pour l’Eglise) attendant de voir un spectacle extraordinaire. De la sorte la masse du peuple de l’Eglise ne bouge pas, car elle est lente par nature. Ce qu’une « masse religieuse » attend de l’Eglise, ce n’est pas le salut, mais du « pain et des jeux » des genres les plus variés, elle n’est nullement disposée à assumer des charges .

PEU DE PERSPECTIVES POUR UN AVENIR ROSE

Que peuvent encore faire quelques individus qui vivent dans la dispersion, face à une situation qui ne leur laisse présentement plus beaucoup de champ de manœuvre. Il est certain que l’Eglise catholique de la diaspora survivra le 20e siècle. C’est hors de doute ! Car le Christ n’ est pas opposé à elle ni non plus à ses faibles membres. La seule question qui se pose est bien celle-ci : Comment pourra-t-elle survivre ? Dans toutes les régions où un aperçu peut se faire (c’est plus facile en Europe qu’ail-leurs) c’est néanmoins très obscur. Personnellement et quelques-uns avec moi, nous n’apprécions pas un soi-disant « concile informe (incomplet) » à des fins déterminées, ni même aux fins « d’élection d’un pape » sans qu’il y ait d’abord une forme spéciale d’organisation opérationnelle, adaptée à l’Eglise catholique romaine de la diaspora.(Il serait préférable de l’organiser d’abord au plan régional et puis au plan supra-régional). Car, une Eglise dans la diaspora, vivant donc dans la dispersion, est tenue de sauvegarder son unité en respectant et en prenant comme norme les principes d’unité ecclésiale qui est supérieure à une unité sociologique profane.

« L’église conciliaire romaine » n’existe pas à Rome seulement - c’est là que se trouve son chef – à moins qu’il soit parti « en pèlerinage » - mais elle s’est incrustée dans tous les diocèses après que, sans rencontrer de résistance, elle a pu investir ces territoires. Il n’y a que cela qu’il convient de qualifier d’occupation. Pour ce qui concerne les occupants eux-mêmes, ils ne sont rien d’autre que des voleurs et des ravisseurs de la propriété d’autrui. Malheureusement, pas un ne leur a contesté cette possession injuste parce que sous ce rapport l’on est également trop faible. Entre-temps nul n’est obligé de payer l’impôt (dîme) en plus d’autres taxes à ces occupants ! Ceux qui le font, peut-on les appeler catholiques ? (…) (Les rares exceptions de ceux qui parvinrent à se détacher de « l’église conciliaire romaine » confirment la règle. Ceux-ci étaient également conscients de ce qu’à l’avenir ils n’auraient rien d’autre à manger que du pain sec.)

Si des catholiques fidèles veulent éviter de subir des traumatismes de l’âme par apitoiement, léthargie et inactivité ou mutisme, ou dans ce qu’on appelle « la foi vivante », il faudrait d’abord qu’ils se rendent clairement compte de deux écueils qui existent présentement, mais qui sont fondamentalement différents l’un de l’autre :

1. le colosse monstrueux de « l’église conciliaire romaine » hérétique et apostate, avec ses membres et adeptes, et

2. l’Eglise catholique romaine de la diaspora, qui mène une existence séparée de l’église conciliaire, souffrant d’un grand affaiblissement malheureusement causé par ses membres.

Car, après tout, comme tout homme raisonnable sait, on ne peut agir contre des maux physiques ou moraux que si on les a identifiés et si l’on connaît leurs causes. Sinon tout un chacun s’engage, sans se rendre compte, sur des chemins qui ne mènent pas au but. C’est la marche des choses depuis de nombreuses années, sans que, généralement et localement il y ait une amélioration de la situation ecclésiale. C’est un fait que personne ne peut nier : il est nécessaire d’en tirer les conclusions adéquates afin de ne pas périr.

De plus, les catholiques de la diaspora se garderont de méconnaître leurs ennemis « traditionalistes », parce que ‘ pour maints fidèles, ceux-ci sont aussi dangereux que les « conciliaires ». Cela n’a pas de sens et cela ne mène à rien si des catholiques se soucient à propos de « l’avenir de l’Eglise catholique » et s’ils font des spéculations sauvages à ce sujet, tandis que ils ne voient pas la situation présente de l’Eglise catholique dans sa réalité et quelles sont les exigences qu’elle pose à tout baptisé comme membre de l’Eglise. Car, comme S. Paul dit : dans l’Eglise tous sont membres les uns des autres ; si un membre souffre, les autres souffrent avec lui. Or, l’Eglise catholique romaine de la diaspora est sous le coup d’un affaiblissement manifeste suite à des causes spécifiques. Qu’on tente donc au moins d’identifier et d’écarter les principales causes de cet affaiblissement, éventuellement par une action concertée sur le plan régional, si c’était encore possible. Pour ce qui est de la situation de diaspora dans l’Eglise elle a toujours un commencement dans le temps. Pourquoi alors ne pour-rait-elle pas connaître aussi un terme dans le temps ? Qu’on prie donc instamment et sans hypocrisie le Christ Notre-Seigneur et le seul « bon Pasteur », pour obtenir Son secours. Car, tous ceux qui ne sont pas avec Lui sont contre Lui ! Mais il connaît aussi leurs noms… !



 
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